Selon une étude internationale, la constitution du microbiote vaginal influerait sur le risque de cancer de l’ovaire, la présence d’un certain type de bactérie en trop faible quantité étant soupçonnée d’accroître ce risque.
Sommaire
- Un nombre de lactobacilles diminué chez les femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire
- Une piste sérieuse à développer
Chaque année en France, 4500 femmes sont touchées par un
cancer de l’ovaire. S’il s’agit d’une maladie peu fréquente, son pronostic est sombre, car elle est le plus souvent diagnostiquée à un stade avancé à cause notamment de la
faible efficacité des tests de dépistage. Mais une équipe internationale de chercheurs menée par l’University College de Londres vient de faire une découverte qui pourrait ouvrir la voie à de nouveaux examens permettant d’identifier les femmes à risque de manière plus performante : dans une étude publiée le 9 juillet 2019 dans la revue The Lancet Oncology, ils suggèrent que la composition du
microbiote vaginal aurait un impact sur le risque de développer un cancer de l’ovaire.
Un nombre de lactobacilles diminué chez les femmes atteintes d’un cancer de l’ovaireLe microbiote vaginal, ou flore vaginale, correspond à l’ensemble des micro-organismes qui peuplent le vagin. Tout comme le microbiote intestinal, il joue un rôle de protection contre les infections en assurant un équilibre entre les bonnes et les mauvaises bactéries. Les scientifiques ont cherché à savoir si un déséquilibre du microbiote vaginal pouvait être un
facteur de risque de cancer de l’ovaire, au même titre que l’âge ou l’hérédité.Pour ce faire, ils ont suivi 176 femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire, 109 porteuses d’une mutation sur le gène BRCA1 associée à des risques accrus et 295 ne présentant pas de risque génétique. Des prélèvements de sécrétions vaginales ont été réalisés grâce à un frottis. Il a ainsi pu être observé que chez les femmes de moins de 50 ans atteintes d’un cancer de l’ovaire ou présentant un risque accru, le nombre de lactobacilles était nettement inférieur. Or, ces bonnes bactéries doivent normalement composer entre 90% et 95% du microbiote vaginal pour ne pas créer de déséquilibre (ou dysbiose).Une piste sérieuse à développerSi les chercheurs affirment que ces travaux ne font que démontrer une association et non une relation de cause à effet, ils expliquent que de plus amples recherches seraient néanmoins nécessaires pour tenter de comprendre comment les bactéries vaginales peuvent influer sur le risque de cancer de l’ovaire. Car ils soupçonnent que les lactobacilles puissent empêcher les agents pathogènes de remonter jusqu’aux trompes de Fallope, lieu d’origine des tumeurs de l’ovaire à haut degré de malignité.Toutefois, pour le professeur Martin Widschwendter, co-auteur de l’étude, ces travaux “concordent avec les résultats de précédentes études. Il a été démontré que les femmes qui utilisent des produits d’hygiène intime de manière excessive présentent des quantités plus faibles de ces bactéries, et ont des risques augmentés de cancer de l’ovaire.”Les scientifiques aimeraient également savoir si rétablir la flore vaginale à l’aide de suppositoires renfermant des lactobacilles pourrait éventuellement réduire ces risques. Mais pour l’instant, selon Alexandra Holden, membre d’une association britannique de lutte contre le cancer de l’ovaire, pour détecter le plus rapidement possible la maladie en vue de la combattre, “il est important que les femmes connaissent
ses symptômes et consultent leur gynécologue au moindre doute”.Click Here: cheap Cowboys jersey